Manipuler la population est chose facile et encore plus si elle n’est pas instruite. La promesse d’un monde meilleur au paradis ou de se faire pardonner tous ses péchés, mêmes les péchés mortels, était plus que suffisante. La population l’avait tellement bien compris, qu’elle se permit d’éventrer tous les musulmans qu’elle pouvait rencontrer, croyant que ces derniers avalaient leur or pour le soustraire à l’ennemi.
La principale raison que l’Église avait d’envoyer la populace à l’abattoir, était que la guerre entre chrétiens était devenue chose interdite et qu’il fallait bien trouver un levier de contrôle démographique, afin de se débarrasser du trop plein et des indésirables.
Pour les nobles, il fallait un peu plus de subtilités. La promesse d’un monde meilleur n’aurait pas été suffisante, puisqu’ils étaient déjà maîtres de leurs domaines et avaient la richesse qui fait taire les culpabilités. On fit prendre conscience aux nobles francs de leurs origines juives — ou on les en a persuadés — et que Jérusalem était l’héritage qui leur revenait de droit.
Faire prendre racine de ces origines dans la Tribu de Benjamin fut chose aisée. Lorsque Moïse quitta l’Égypte avec les douze tribus pour se rendre en Terre Promise, il fut remit à cette tribu le territoire incluant Jérusalem dont le premier roi d’Israël, Saül, était issu. Après un règne très bref, David, de la Tribu de Juda, lui succéda. Il s’ensuivit une période sombre pour la Tribu de Benjamin qui entra en guerre contre les autres tribus. Risquant l’extinction, elle dû fuir vers l’ouest et s’embarqua pour la Grèce à bord de bateaux phéniciens.
Les Croisés prennent donc la route de Jérusalem le 13 janvier 1099, entrent à Bethléem le 6 juin et assiègent Jérusalem le 7 du même mois. La ville est finalement prise le 15 juillet de cette même année. Les Sarrasins furent massacrés jusqu’à ce que les croisés arrivent au Temple d’Hérode — situé au dessus des ruines du Second Temple du Roi Salomon —, but de leur entreprise. Musulmans, juifs, chrétiens grecs, coptes, syriens et arméniens furent massacrés sans distinction. Le carnage fut si intense, que l’on a écrit que les croisés chevauchaient dans le sang des sarrasins jusqu’aux genoux des chevaux. C’est dire à quel point l’enjeu fut d’importance.




